
Je te dédie mes souvenirs, chère nièce. Qui, plus que toi, a des droits à mon amitié et à ma reconnaissance! Tu entoures meschers enfants de toute la sollicitude d’une mère, et remplaces dignement celle que le sort funeste leur a enlevée dès leurbas âge.
L’hommage de ce livre est sans doute un bien faible témoignage de ma gratitude; mais j’espère qu’il sera pour ces chers enfantsun souvenir. Il leur rappellera toujours que pour eux tu as fait autant qu’eût pu faire la meilleure et la plus tendre desmères.
Ton oncle et ami,
P. de la Gironière.

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Au récit de quelques aventures qui m’étaient arrivées dans mes longs voyages, plusieurs de mes amis m’avaient souvent engagéà en publier la relation peut-être intéressante.
Rien ne vous sera plus facile, me disaient-ils, puisque vous avez toujours tenu un journal depuis votre départ de France.
Cependant j’hésitais à suivre leurs conseils et à céder à leurs instances, lorsqu’un jour je fus surpris de lire mon nom dansun des feuilletons du Constitutionnel.
M. Alexandre Dumas publiait, sous le titre de Mille-et-un Fantômes, un roman dans lequel un des principaux personnages, en voyageant aux îles Philippines, m