
Créateur, t'ai-je demandé de me tirer de
l'argile pour me faire homme? T'ai-je
sollicité de m'arracher du néant?
MILTON, Paradis perdu.
TABLE
PRÉFACE
LETTRE Ière
LETTRE II
LETTRE III
LETTRE IV
CHAPITRE Ier
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
CHAPITRE VII
Le fait sur lequel repose cette fiction, n'a point paru impossible audocteur Darwin, et à quelques-uns des Écrivains physiologiques del'Allemagne. Je ne veux pas laisser croire que je suis porté à yajouter sérieusement foi. Cependant, en le prenant pour base d'unouvrage d'imagination, je n'ai pas voulu simplement offrir une suited'histoires effrayantes et surnaturelles. L'événement dont dépendl'intérêt de cette histoire, sans présenter aucun des défauts d'unpur conte de spectres ou d'enchantements, se recommande par lanouveauté des situations qui y sont développées; et, malgrél'impossibilité du fait matériel, retrace à l'imagination lespassions humaines, d'un point de vue plus étendu et plus élevé queceux où l'on peut se placer dans le cours ordinaire de la vie.
Ainsi, j'ai essayé de conserver la vérité des principesélémentaires de la nature humaine, tandis que je ne me suis pas faitscrupule d'innover dans leurs combinaisons. Homère, dans l'Iliade;les Poètes tragiques de la Grèce; Shakespeare, dans la Tempête et leSonge au milieu d'une nuit d'été; et plus particulièrement Milton,dans le Paradis perdu, se conforment à cette règle; et le plusmodeste nouvelliste, qui cherche à plaire ou à s'amuser par sontravail, peut, sans présomption, appliquer à ce qu'il raconte, unelicence ou plutôt une règle de l'adoption de laquelle sont résultétant de combinaisons profondes des sentiments humains dans leschefs-d'œuvre les plus sublimes de la poésie.
La circonstance sur laquelle mon histoire est fondée, m'a étésuggérée par hasard dans une conversation. Elle fut commencée enpartie comme source d'amusement, et en partie comme moyen d'exercer lesfacultés négligées de l'esprit. D'autres motifs s'y sont mêlés, àmesure que le travail avançait. Je ne suis nullement indifférent auxsensations morales dont sera affecté le lecteur sur les sentiments etles caractères qui y sont tracés; cependant mon premier soin s'estborné à éviter l'effet énervant que produisent les romans du jour,et à montrer le charme des affections domestiques ainsi quel'excellence de la vertu universelle. Les opinions, pr