
Ce discours, recueilli par la sténographie, a été prononcédans la réunion plénière du Congrès olympique international,dans l'hôtel de ville du Havre.
Siègent au bureau, à côté de M. de Coubertin, président,M. le docteur Tissié, représentant M. le Ministre de l'Instructionpublique, et M. Cathala, sous-préfet du Havre, etc., etc.
M. le Président.—Mesdames, Messieurs, le sujetqui doit être traité dans cette séance est celui-ci:
De l'action morale des exercices physiques sur l'enfant,sur l'adolescent et de l'influence de l'effort sur la formationdu caractère et le développement de la personnalité.
C'est le R.P. Didon qui veut bien traiter ce sujet.Je lui donne la parole. (Vifs applaudissements.—Mouvementd'attention.)
MESDAMES,
MESSIEURS,
C'est un grand honneur pour moi d'avoir été conviéà ce Congrès olympique international et de prendre laparole dans une assemblée aussi distinguée, en présencedes autorités de ce pays, du représentant officiel deM. le Ministre de l'Instruction publique, des hommeséminents qui s'occupent de l'éducation physique de lajeunesse, et des savants étrangers venus de divers pays,je puis dire de tous les pays, pour apporter à la cause dessports athlétiques le témoignage de leur expérience, deleur science parfaite et la consécration de leur autorité.
Il ne m'appartient pas de vous remercier, Messieurs,c'est là oeuvre présidentielle,—et je ne suis ici qu'unhumble membre de cette réunion. Mais il m'appartientde me réjouir de me trouver pour la première fois, je lecrois, à côté de l'autorité officielle du pays et à côté desreprésentants français et étrangers de la science de l'éducationphysique dont les progrès sont inhérents à lacivilisation même; car la plus haute tâche de la civilisationne consiste-t-elle pas à former l'homme tout entier, intellectuelet physique et moral? (Applaudissements.)
Je dois dire que c'est l'amitié de M. de Coubertinqui est l'explication de ma présence ici. Il a pensé qu'ayantété, depuis plusieurs années, administrateur délégué dela Société anonyme Albert-le-Grand et, en cette qualité,appelé à gouverner plusieurs écoles, à leur inspirer lemouvement, je pourrais donner, moi aussi, par mon témoignage,un concours utile à l'oeuvre à laquelle il s'estappliqué si vaillamment, si intelligemment, et avec unepersévérance digne de tout éloge. Et vous ne me démentirezpas, Mesdames et Messieurs, quand je dirai qu'ilfaut reconnaître en M. de Coubertin le rénovateur, le promoteurvigoureux, infatigable, des exercices de plein airet des sports athlétiques, en France. (Vifs applaudissements.)
En répondant à votre appel, mon cher Président etami, j'ai cru accomplir un devoir de haute reconnaissance.N'est-ce pas vous qui, il y a sept ans, êtes venu me trouverdans mon petit cabinet de l'École Lacordaire, et qui m'avezglissé, par votre parole insinuante et persuasive, la penséed'introduire dans mes écoles des exercices de sport?
C'est ce que j'ai fait, et j'ai obtenu des succès quine rivalisent certainement pas avec les merveilles de laLigue de Bordeaux dont nous entretenait hier M. le docteurTissié, mais qui attestent du moins l'excellence del'oeuvre des sports athlétiques, chère à M. de Coubertin.
J'acquitte donc ma dette de reconnaissance, en renda