À PARIS
CHEZ:
PIRANESI, Frères, place du Tribunat, n°. 1354;
LEBLANC, Imprimeur-Libraire, place et maison
Abbatiale St.-Germain-des-Prés, n°. 1121.
Nous suivons, dans cette Édition, la classificationadoptée par les Académiciens d'Herculanum.La peinture a occupé trois volumes;deux volumes renfermeront ce que la Statuairea vu ressusciter des fouilles de la Campanie,c'est-à-dire, les Bronzes, Bas-reliefs, Bustes etStatues; car, selon Pline, cette dénominations'applique particulièrement à l'art de jeter enbronze, et les productions du ciseau appartiennentà la sculpture. La rareté des bronzes a faitcompter pour une richesse précieuse, ceux quiont été recueillis dans ces villes antiques etsouterraines. Si l'on trouve dans ces ouvragesmoins de recherche que dans les productionsdu pinceau, ils offrent peut-être plus de finesse,plus de sentiment, un goût plus épuré, et surtoutà un degré plus sensible, cette vive empreintequi décèle le génie et la science profondede l'artiste. Cette collection se rend égalementintéressante, sous le rapport de l'art et de l'histoirecivile et religieuse.
Pour ne point interrompre la suite des Busteset des Statues, nous les ferons précéder de quelquesBas-reliefs, qui ne sont point en assezgrand nombre pour former une série particulière:les Bas-reliefs avec les Bustes formerontle premier volume; le second renfermera lesStatues.
(P. 257, t. V de l'Edition royale.)
Tout concourt à donner un grand prix à ce bas-relief;la matière, le travail, la variété des objets,la beauté de la composition, l'expression des figureset le choix du sujet. La plaque est d'argent, enforme de bouclier, avec un crochet au revers pourla suspendre: c'était sur des boucliers semblablesque les anciens faisaient représenter les images etles actions de leurs ancêtres. La mort de Cléopâtreparait faire le sujet de cette composition, toutepittoresque. Cette reine infortunée, dont la beautén'a pu désarmer son vainqueur, a fait couler la mortdans ses veines. Ses derniers soupirs sont encorepour l'amant qu'elle a perdu; assise, affaissée parl'effet du poison, la tête penchée sur l'épaule, lesyeux mourans, elle expire dans les bras de l'une deses fidelles esclaves; c'est Carmione, la plus âgée,elle qui prit soin de l'étendre sur le lit royal, paréed'habits somptueux, et qui la suivit chez les mortsaprès avoir rempli ces derniers devoirs. Debout,considérant sa maîtresse dans l'attitude de la douleur,est la jeune Irais, qui la suivit la première.Un Amour, accablé de tristesse, est appuyé sur lesgenoux de la reine, et déplore sa fin malheureuse.C'est ainsi que nous avons vu ce même Dieu pleurantl'infortune d'Ariadne (Peint. t. II, pl. XV) etéteignant son flambeau devant Narcisse (Id. t. III,pl. XLVI et XLVII). Aux pieds de Cléopâtre est lepanier de figues renversé, sensible allusion au récitde Plutarque. Les accessoires représentent l'intérieurd'un appartement; c'est ce que désignent le lit,dont on voit une partie, la draperie tendue (aulœa)et la petite statue élevée sur une colonne tronquée.La pomme, le vase, la guirlande de myrte et lesdeux colombes, désignent clairement Vénus danscette image. Malgré l'heureuse application que l'onpeut faire à la mort de Cléopâtre, de plusieurs traitsde notre bas-relief