Dédié au Roi
Par J. B. de Saint-Victor.
Seconde Édition,
REVUE, CORRIGÉE ET AUGMENTÉE.
TOME SECOND.—SECONDE PARTIE.
Miratur molem..... Magalia quondam.
Æneid., lib. I.

PARIS,
À LA LIBRAIRIE CLASSIQUE ÉLÉMENTAIRE,
CHEZ LESAGE, RUE DU PAON, No 8.
M DCCC XXII.
TABLEAU
HISTORIQUE ET PITTORESQUE
DE PARIS.
IMPRIMERIE DE COSSON, RUE GARENCIÈRE, No 5.
Ce quartier est borné à l'orient par les rues Barre-du-Bec, de Sainte-Avoie et du Temple exclusivement; au septentrion, par le faubourg Saint-Martin jusqu'aux barrières inclusivement; à l'occident, par la rue Saint-Martin et par la grande rue du faubourg du même nom inclusivement; et au midi, par la rue de la Verrerie inclusivement, depuis le coin de la rue Saint-Martin jusqu'au coin de la rue Barre-du-Bec.
On y comptoit, en 1789, soixante-trois rues, treize culs-de-sac, trois églises paroissiales, dont une collégiale, trois communautés d'hommes, deux couvents de filles, deux hôpitaux, un théâtre, etc.
L'église de Saint-Martin-des-Champs, à laquelle ce quartier doit sonnom, fut souvent visitée par Louis XI. On lit qu'il avoit une grandevénération pour les reliques nombreuses qu'elle possédoit; et que,chaque fois qu'il venoit leur rendre hommage, il y déposoit des piècesd'or dont le nombre devint assez considérable pour que, dans unecirconstance urgente, les religieux de cette maison demandassent auparlement la permission de les employer aux besoins de leur communauté,ce qui leur fut accordé par un arrêt de l'an 1475.
Avant de raconter le règne de ce prince, qui offre un grand spectacle,il convient de compléter (p. 590) le tableau que nous avons présenté del'état politique et religieux de la société en France, depuis que lesCapets avoient commencé à monter sur le trône jusqu'au quinzième siècle,où nous venons d'entrer: il manque encore quelques grands traits à cetableau.
On a vu comment ces princes, irrités et fatigués de l'oppositioncontinuelle qu'ils rencontroient dans leur noblesse, de ses ligues sanscesse renaissantes, de ses révoltes qui alloient souvent jusqu'àcompromettre leur propre existence, imaginèrent de créer un nouvel ordredans l'État, en accordant aux habitants des cités des droits politiquesdont le résultat fut d'accroître encore les périls de leur position, etde leur créer un ennemi de plus, ennemi qui les réduisit souvent à desextrémités que jusqu'alors ils n'avoient point connues. Par quelaveuglement allèrent-ils ainsi chercher au-dessous d'eux de si dangereuxsecours, tandis qu'ils négligeoient, ou, pour mieux dire, qu'ilssembloient redouter, qu'ils s'efforçoient d'affoiblir la puissanceauguste et salutaire qui plus d'une fois avoit déjà sauvé la société,qui d'elle-même venoit s'offrir à eux pour la sauver encore? puissanceégalement favorable aux peuples et aux rois, puisque c'étoit en rendantceux-ci meilleurs qu'elle consolidoit le pouvoir de ceux-là, ettellement que, si les rois eussent voulu sincèrement se ré