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Navire portugais du XVe siècle en découverte.
PARIS,
ARTHUS BERTRAND, ÉDITEUR,
LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE,
RUE HAUTEFEUILLE, 21.
HOMME DE LETTRES, EX-REPRÉSENTANT DU PEUPLE, EX-RÉDACTEUR EN CHEF DEL'Opinion publique.
Monsieur,
Je regarderai toujours comme un honneur infini que vous ayez bienvoulu me permettre de publier mon livre sous vos auspices; et c'est àvous, dont le noble cœur, le loyal caractère et l'esprit élevépeuvent si bien apprécier en quoi consiste la véritable grandeur, queje dédie ce récit de la vie de Christophe Colomb.
Bonnefoux.
Il n'en est pas de Christophe Colomb comme de la plupart des grandshommes que l'histoire nous présente en exemple, et dont la gloire estsouvent ternie par des actes qui blessent la morale, la justice oul'humanité: c'est en vain que leurs admirateurs cherchent à justifierde tels actes par des motifs spécieux de politique ou d'impérieusenécessité; cette prétendue gloire n'en est pas moins contestée, elleest même niée par les esprits droits qui ne reconnaissent de véritablegrandeur que celle qui est basée sur la vertu.
«La gloire suit la vertu comme l'ombre suit le corps:» a dit leplus éloquent des orateurs romains. (p. ii) Ces belles paroles n'ontjamais pu s'appliquer à personne mieux qu'à Christophe Colomb; aussi,pendant que, tous les jours, on compare Annibal à Scipion, pendantqu'on cherche à décider si César l'emporte sur Alexandre ou sur telautre héros des temps anciens ou modernes, on voit Colomb marcher horsligne au-dessus de toutes les rivalités; sa gloire n'est seulement paseffleurée par les attaques que l'ignorance et l'envie ont essayé dediriger contre lui, et il est proclamé comme un modèle aussi parfaitqu'il est possible de le concevoir d'un simple mortel.
C'est au commencement de 1851 que je pensai à accomplir le projet,depuis longtemps formé dans mon esprit, d'écrire la vie de ChristopheColomb. Je ne me fis nullement illusion sur les qualités quimanquaient à mon style pour traiter un tel sujet avec la supérioritélittéraire qu'il exigeait; mais avant tout et selon moi, les voyages,la carrière maritime, les théories, les plans, les découvertes deChristophe Colomb ne pouvaient être bien exposés que par un marin; etquelle que fût mon infériorité sous d'autres rapports, je crus quecette qualité de marin devait passer avant toutes les autres, qu'elleme donnerait des droits à l'indulgence pour celles que je ne possédaispas; et, en me promettant de chercher à être clair, exact etvéridique, je me mis consciencieusement à l'œuvre.
Je n'eus cependant pas la présomption d'aborder la critique de front;j'avais un libre et honorable accès dans un recueil mensuel,intitulé: Nouvelles annales (p. iii) de la marine: ce fut làqu'article par article, j'obtins que mon histoire de Christophe Colombserait imprimée et qu'elle s